[ FilmLes convoyeurs attendent ]

[ Film ● Les convoyeurs attendent ]
Les convoyeurs attendent ...

de Benoît Mariage (1999)

Avec Benoît Poelvoorde, Dominique Bayens, Bouli Lanners

Synopsis: Roger Closset habite la banlieue industrielle. Autour de lui, il y a sa femme et ses deux enfants: Michel, 15 ans et Luise, 8 ans. A côté, il y a le voisin colombophile, Félix, qui ne vit que pour Napoléon, son pigeon voyageur champion. Roger est reporter pour le journal local: il pirate les fréquences de la police, guette les faits divers, se précipite pour saisir sur le vif un accident de la route, l'arrestation d'un vagabond ou encore les dégâts de la grêle chez un fermier. Sa vie n'est pas facile. Pourtant à l'aube de l'an 2000, Roger veut s'en sortir. Il a un rêve: rentrer dans le livre des records et gagner ainsi la voiture promise par l'association des commerçants. N'importe quel exploit fera l'affaire : Roger embrigade son fils pour ouvrir et fermer une porte plus de 40.000 fois en 24 heures. Roger a tout prévu : une préparation scientifique, un coach 'à l'américaine' et en guise d'entraînement, une porte posée au beau milieu du jardin. Suffira-t-elle à le faire entrer lui et sa famille dans le troisième millénaire?

Réplique: _"Nonobstant, je dois payer ou je dois pas payer; nonobstant? "
_"Ben non, nonobstant, tu dois pas payer puisqu'il y a nonobstant..."

Ma critique (Spoilers !): Ce pourrait être d'une esthétique crade, avec ce joli noir et blanc sur les pavillons de Charleroi. Ce pourrait être d'un misérabilisme pénible, avec de petites gens scrutées par un regard condescendant. Mais non: l'oeil de Benoît Mariage est juste, à l'exacte distance de la satire et de l'émotion. "Nonobstant", expression légèrement désuète, risque de redevenir à la mode, tant Benoît Poelvoorde en fait, en deux ou trois minutes, un usage époustouflant. Il interprète, Poelvoorde, un bon gros bougre qui voudrait sortir de la médiocrité sa famille et lui, en inscrivant son nom dans le Livre Guiness des records. Il tenterait bien le concours de crachat, mais il n'est pas très doué. Alors, il s'entête à former son fils à ouvrir et fermer quarante mille fois une porte en vingt-quatre heures... C'est drôle et pathétique. Jusqu'au seuil du malheur (le fils, qui a naturellement raté le concours, a tenté de se suicider) la fatalité recule pour céder place à l'amorce d'un (petit) bonheur possible...

# Posté le mardi 21 août 2007 06:31

[ Film ● Mauvaise foi ]

[ Film ● Mauvaise foi ]
Mauvaise foi ...

de Roschdy Zem (2006)

Avec Roschdy Zem, Cécile de France, Pascal Elbé

Synopsis: Ismaël et Clara forment un jeune couple heureux. Ismaël, professeur de musique, prend la vie comme elle vient. Il déteste se mettre en avant, prendre des décisions ou trancher. Clara, elle, travaille dans un centre médical pour accidentés comme psychomotricienne. Elle a du caractère et n'aime pas qu'on lui indique la marche à suivre. Un matin, Clara découvre qu'elle est enceinte d'Ismaël. C'est la plus belle chose qui pouvait leur arriver. Malheureusement, rien n'est aussi simple... D'abord, il va falloir officialiser leur union en se présentant aux parents. Si Ismaël comprend vite que la "pilule" ne va pas être facile à avaler pour sa famille musulmane, Clara, elle, va un peu tomber des nues. Elle qui croyait ses parents, des juifs ashkénazes, ouverts et modernes, va découvrir qu'ils ne sont pas du tout prêts à accueillir un gendre arabe.

Réplique:
Cécile de France à Roschdy Zem:
_"Tu m'aimes?"
_"Putain ouais."

Ma critique: Le couple de Roschdy Zem et Cécile de France, ensemble depuis longtemps, fonctionne assez bien réunissant sensibilité, fragilité et amour sincère et vrai. Jusqu'au jour où Clara (Cécile de France) découvre qu'elle est enceinte. Là, les ennuis commencent... Les parents de Clara n'accepte pas Ismaël. Jean-Pierre Cassel joue le rôle d'un juif bourgeois assez drôle, qui lui va à merveille. Il faut également souligner la prestation Martine Chevallier, mère juive voulant protéger sa fille. Quand à Pascal Elbé et Leïla Bekhti, ils sont tout simplement excellents. Entre comédie et drame, ce film nous offre une panoplie de situations cocasses ou grinçantes concernant des problèmes de religion au sein d'un couple charmant. Un film drôle et touchant qui ne manque pas de mauvaise foi ! Roschy Zem signe avec "Mauvaise foi", son premier film, un moment inattendu rempli de tolérance et d'émotions.

Bande-annonce: ici
Liens sur mon skyblog:
Cécile de France: Article spécial, Fauteuils d'Orchestre

# Posté le mardi 21 août 2007 07:23

Modifié le mercredi 22 août 2007 09:47

[ Film ● Eyes Wide Shut ]

[ Film ● Eyes Wide Shut ]
Eyes Wide Shut ...

de Stanley Kubrick (1999)

Avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack

Synopsis: Après l'aveu par sa femme qu'elle a failli céder à la tentation d'un autre homme, et tout quitter pour lui, le docteur Harford, obsédé par cette révelation, erre dans New York la nuit. Il rend alors visite à un ami pianiste dans un night-club. Ce dernier lui parle de soirées sexuelles secrètes et huppées. Le docteur Harford sera entraîné, sans en avoir l'autorisation, dans une soirée orgiaque masquée. Et sera dépassé par les événements.

Réplique:
Tom Cruise :
_"Tu connais la devise : "docteur un jour, docteur toujours.""

Ma critique: Ouvrir grands les yeux, ne pas obéir au beau titre clos du treizième et dernier film de Stanley Kubrick, "Eyes Wide Shut" (les yeux grands fermés). On peut voir qu'"Eyes Wide Shut", adapté d'une nouvelle d'Arthur Schnitzler, est un grand film, un pamphlet cruel et brillant contre l'ordre moral régnant, mais travesti, déguisé avec une habileté souveraine en étude entomologique et sexologique d'un couple chic (lui médecin, elle dirige une galerie d'art) en crise et, par la même occasion, d'un couple de stars en voie de colonisation hollywoodienne, Tom Cruise et Nicole Kidman. Dés le début, éblouissant, on comprend que les dés de la réalité, ou du moins du réalisme, son pipés. Une fête chez les nantis, le Dr. Harford (Tom Cruise) et madame (Nicole Kidman) s'y rendent, s'y ennuient ; les lustres de cristal ont remplacé les candélabres mais on sent la même moisissure existentielle que dans "Barry Lyndon". Sydney Pollack, en maître des lieux, s'est vu assigner la mission de dessiner une joyeuse caricature des turpitudes contemporaines. Madame Harford danse lentement, (trop) longtemps, avec un bellâtre rassis. Et cela suffit pour que la jalousie se déchaîne chez le docteur. Le voilà donc lancé dans une errance nocturne à travers un New York réinventé, une errance extrêmement divertissante et angoissante à la fois, qui compose une sorte de catalogue raisonné des fantasmes masculins. Embarqué dans cette galère qu'il supposait exquive, le platonique aventureux ne peut en sortir, il a oublié le mot de passe. Mais ce mot existe-t-il ? L'univers porte de sortie n'est-t-elle pas morte ? Cette question-là, la seule qui vaille, est posée tout au long d'"Eyes Wide Shut" avec une élégance, une ironie et un mélancolique superbes.

Bande-annonce: ici

# Posté le mardi 21 août 2007 09:04

Modifié le mercredi 22 août 2007 09:43

[ Film ● Coup de foudre à Notting Hill ]

[ Film ● Coup de foudre à Notting Hill ]
Coup de foudre à Notting Hill ...

de Roger Michell (1999)

Avec Julia Roberts, Hugh Grant

Synopsis: Quand un matin, Anna Scott, l'actrice la plus célèbre d'Hollywood, pousse la porte de la librairie de William Thacket, située dans le charmant quartier de Notting Hill, à l'ouest de Londres, le libraire ignore que commence une grande aventure. Par une série de hasards comme seul le destin peut en mettre en scène, William et Anna vivent une rencontre étonnante, attachante. Lorsque la star le rappelle quelque temps plus tard, William n'ose y croire.

Réplique:
Julia Roberts:
_"Oh non ! Ils ont pris des photos de toi habillé comme ça !"
Hugh Grant:
_"Oui. Enfin, "déshabillé", comme ça."

Ma critique: Avatar triomphal de la comédie romantique, histoire éternellement revisitée du prince et de la bergère (en l'occurence de la princesse et du berger), le glamour hollywoodien marié au charme anglais, comme disait le slogan: "L'équipe de "Quatre Mariages et un enterrement" reconstituée (dont il ne subsiste que le scénariste Richard Curtis et l'interprète masculin principal), voici "Coup de foudre à Notting Hill". Julia Roberts entre donc dans la petite échoppe londonienne d'un bouquiniste lunaire pour se procurer un guide touristique, qu'il lui déconseille formellement d'acheter ! De cette rencontre anodine va naître le coup de foudre du titre et la romance mouvementée, forcément contrariée, entre une grande star américaine (devinez qui) restée très humaine malgré sa notoriété, et un modeste mais séduisant divorcé britannique (Hugh Grant) peu enclin à céder aux contraintes épuisantes de la célébrité. Réussiront-ils à s'aimer? Deux heures et trois minutes plus tard, la réponse est donnée. "Coup de foudre à Notting Hill" est une réussite incontestable, un film rafraîchissant et sucré, avec des seconds rôles drolatiques (mention à Rhys Ifans, le colocataire collant et crade de Hugh Grant), un film parfaitement dosé, formaté, manufacturé et sensible.

Liens sur mon skyblog:
Julia Roberts: Erin Brockovich, seule contre tous
Hugh Grant: Le Come-Back

# Posté le mardi 21 août 2007 10:53

Modifié le jeudi 23 août 2007 04:20

[ Film ● Sleepy Hollow ]

[ Film ● Sleepy Hollow ]
Sleepy Hollow ...

de Tim Burton (2000)

Avec Johnny Depp, Christina Ricci, Christopher Walken

Synopsis: En 1799, dans une bourgade de La Nouvelle-Angleterre, plusieurs cadavres sont successivement retrouves décapitées. Les têtes ont disparu. Terrifies, les habitants sont persuades que ces meurtres sont commis par un étrange et furieux cavalier, dont la rumeur prétend qu'il est lui-même sans tête. Les autorités new-yorkaises envoient alors leur plus fin limier pour éclaircir ce mystère. Ichabod Crane ne croit ni aux légendes, ni aux vengeances post-mortem. Mais, a peine arrive, il succombe au charme étrange et vénéneux de la belle Katrina Van Tassel.

Réplique:
Johnny Depp:
_" Pourquoi êtes-vous dans ma chambre ? "
Christina Ricci:
_" Parce que c'est la votre. "

Ma critique: Cette histoire-là, inspirée d'un classique de la littérature américaine signé Washington Irving, ne pouvait qu'exciter l'imagination d'un metteur en scène comme Tim Burton, obsédé par la fantaisie surréaliste. Avec ce triste sire qui revient sur terre un demi-siècle après sa décapitation pour récupérer son âme et, accessoirement, enquiquiner les vivants, le cinéaste d'Edward aux mains d'argent" et de "Ed Wood" multiplie les prouesses poérici-farfelues. Non seulement Burton dresse le portrait délirant d'une microsociété puritaine en proie à ses démons, mais il s'intéresse à l'intériorité perturbée de son héros et aux fantômes du passé qui le hantent. Sur les pas d'Ichabod Crane (Johnny Depp est le plus doué et le plus passionnant des acteurs américains d'aujourd'hui), le spectateur entre au pays des ombres, comme lui il feint de tout comprendre, il veut tout expliquer, il parle à tord et à travers. Mais que fait un personnage obsédé par son cerveau face à des victimes et un assassin sans tête? Il dissèque les cadavres dans rien y trouver, s'évanouit à la seule vue d'une araignée, refuse de croire à ce qu'on lui dit, puis, vaincu par les évènements, se laisse porter par l'imaginaire des autres, avant de laisser le sien propre s'exprimer. Film inclassable, "Sleepy Hollow" confirme le talent hors norme de Tim Burton dans le cinéma américain.

Bande-annonce: ici
Liens sur mon skyblog:
Tim Burton: Big Fish

# Posté le mardi 21 août 2007 11:37

Modifié le vendredi 24 août 2007 04:19